Étude de cas
Réhabiter son corps, retrouver le lien
Lise, collégienne, développe une anorexie après un harcèlement prolongé qui l’a isolée et coupée d’elle-même. Ce symptôme est aussi le seul ajustement qu’elle ait trouvé pour se protéger. Avant de la rencontrer, je reçois ses parents pour poser une alliance claire et créer un climat qui permettra à Lise de se sentir soutenue, au-delà de la loyauté familiale.
Lise est très réservée, difficile à rejoindre par la parole. Je m’ajuste continuellement à son mode de contact du moment, en privilégiant une approche psychocorporelle et créative, douce et non intrusive. Les jeux l’aident à s’engager et à mobiliser une saine agressivité — une énergie tournée vers le contact plutôt que le retrait.
La respiration, la relaxation et le mouvement l’aident à réhabiter son corps et à sentir ses limites. Les médiations graphiques affinent son awareness, cette attention à l’ici et maintenant, et ouvrent un espace pour travailler sa responsabilité dans la relation. La chaise vide l’aide à revisiter ses modes de contact et à essayer d’autres façons d’être en lien.
Peu à peu, son ajustement retrouve de la souplesse : elle réinvestit ses ressources, se soutient davantage elle-même, et renoue avec un contact plus vivant à son corps et aux autres.
